S-I-OUVEILLAN

La grange Cistercienne de Fontcalvy

Une grange Cistercienne fortifiée à Ouveillan

 

 

 

 

 

 

          Une immense plaine, limitée au Nord par les collines de Quarante ( contre-forts du massif Central) , au Sud par le mont Carrétou, à l’Est par l’étang de Capestang, à l’ouest par les collines Ouveillanaises, abrite une grange Cistercienne fortifiée sur le territoire de Fontcalvy à Ouveillan .

         C’est une plaine mal égouttée, avec la présence de six étangs. Ces terres étaient nommées « TERMINALS » (terres qui terminent le territoire de la Communauté ).

          Cette grange est une dépendance de l’abbaye de Fontfroide affiliée à l’ordre de Citeaux  en 1146. En effet, grâce à des moyens financiers importants, l’abbaye Cistercienne lance une offensive d’acquisition sur les terres de Fontcalvy, du Terral, de Preissan … .

         L’empire cistercien se constitue jusqu’en 1301, date des derniers achats à l’abbaye d’Ardonel. Les Cisterciens peuvent ainsi exercer leur vocation : conquête de la terre sur l’eau .

         Toutefois les étangs sont source de richesse : gibiers, poissons. De plus, l’étang de Mayronne et le grand étang d’Ouveillan sont  salés.

         Ces terrains sont asséchés, drainés, mis en culture. De cette mise en valeur, des productions importantes voient le jour et il est indispensable de les stocker. De plus des conflits apparaissent avec les communautés voisines, ( Ouveillan, Capestang … ). Toutes ces terres, ces richesses, font naître des convoitises, non seulement des manants mais aussi de l’archevêque et du vicomte de Narbonne .

          On considère même qu’une véritable offensive est menée contre les Cisterciens. La construction d’une grange fortifiée est donc décidée.

          Commencée dans les années 1275-1300, on peut imaginer qu’elle est terminée en 1300 – 1325.

          Ce qui caractérise la grange :

  •      son plan carré de type forteresse
  •      son architecture militaire
  •      son orientation : elle tourne le dos à Ouveillan

          C’est un grand cube massif de 20,70 m de côté flanqué aux quatre angles de quatre tours pleines aux trois-quart, la partie supérieure des tours étant défensive et crénelée .

          Au centre des façades Sud, Ouest et Nord, des contreforts pleins sous forme de tour.

          Au centre de la façade Est, une haute tour fait penser à un beffroi ;c’est la tour donjon qui permet l’accès à l’intérieur de la grange.

          Devant la grange, une cour, entourée de hauts murs percés de meurtrières . Une série de bâtiments servait d’abri aux hommes, aux animaux, au matériel.

          Dans la salle basse de la grange, quatre arcs doubleaux la divisent en quatre travées soutenues par un pilier central : le palmier cistercien. Chaque travée est voûtée d’ogives qui se rencontrent en clé cruciforme à 7 mètres de hauteur.

 

 

                     
 Ogives qui se rencontrent en clef cruciforme

                                                                                

 

          Les pierres de l’édifice sont des pierres calcaires dites « pierres de Nissan », elles sont taillées en appareil régulier d’environ 53 cm sur 27 . Elles sont sans doute extraite du Mont Carrétou, tout proche. Les murs ont un mètre treize d’épaisseur à la base et s’amincissent à partir de deux mètres de haut. Il fallait éviter les coups de bélier .

          On accède au premier étage par un escalier construit à l’extérieur, entre le donjon et la tour d’angle Nord-Est. Le premier étage du donjon servait de pont-levis, son parquet pouvait se soulever et obstruer l’entrée de la salle haute .

          De chaque côté du donjon, trônent toujours deux arceaux d’une grande beauté. Ils supportaient des hourds en bois, auxquels on accédait depuis les tours d’angle. De là on se défendait contre les assaillants .

          La grange est sous la toute puissance de l’abbé de Fontfroide, véritable Seigneur . Il délègue à Fontcalvy, un granger et un cellérier, une seule personne cumule peut-être les deux fonctions. Bien vite, ils font appel à des moines converts, qui s’engagent à rester à l’abbaye jusqu’à leur mort .

          L’abbaye utilise aussi des « donats » ou « oblats » qui vivent dans la commune. Et dès le début du 14ème siècle, on fait appel à des mercenaires sous les ordres d’un chef ; Ils font tous les travaux agricoles.

         Dès cette époque des conflits se font jour . Conflits avec l’archevêque, conflits avec le vicomte, conflits avec la communauté.

         La Guerre de Cent Ans ravage la région . Au fléau de la guerre s’ajoutent, la peste, les « meschantes récoltes », les grandes mortalités.

         Les Cisterciens survivent, mais le déclin va commencer dès 1594.  Les biens des Cisterciens sont vendus à la Révolution Française comme Biens Nationaux. La grange est acquise par des habitants d’Ouveillan et de Cuxac d’Aude. De nombreuses familles vont vivre à Fontcalvy, et le dernier habitant quitte la grange en 1840. Les bâtiments sont en mauvais état, non entretenus, ils servent de fosse à fumier, de dépotoir.

        L’abbé SIGAL, ( curé de Cuxac d’Aude), réussit à faire inscrire les bâtiments sur « l’inventaire des Monuments historiques » en 1945 afin d’éviter le pillage des pierres par l’occupant lors du conflit de 39/45 .

         En 1977, la Municipalité d’Ouveillan, entreprend la récupération du site pour éviter sa disparition . En 1982, la grange appartient à la Municipalité .

         Des travaux d’urgence sont entrepris et la grange de Fontcalvy est classée « Monument historique par l’arrêté du 9 Décembre 1983 ».

 

 

Depuis, chaque été,  de nombreuses manifestations culturelles, musicales, dans le cadre du Festival de Fontcalvy, font revivre ce patrimoine historique .

 

 

 



10/08/2011
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