S-I-OUVEILLAN

L'église Saint-Jean l'Evangeliste

L'Eglise Saint-Jean l’Evangéliste

 

 

 

 

 

 

 

Jusqu’à la fin du 11ème siècle, l’église était dépendante de la noblesse ; c’était le Vicomte de Narbonne qui nommait ou faisait nommer l’archevêque, souvent choisi dans sa propre famille. Aussi, on ne peut s’étonner, qu’à cette époque là, deux archevêques Narbonnais aient été, soit déposés, soit excommuniés, par Rome.

-          Guifred de Cerdagne, archevêque de 1078 à 1079, déposé par les conciles de Rome.

-          Pierre Béranger de Narbonne, archevêque élu de 1079 à 1085, excommunié en 1080.

 

L’Eglise ne pouvait que réagir ; elle devait se débarrasser de la tutelle vicomtale. C’était, pour une grande part, l’objectif de la réforme de l’archevêque DALMACE en 1086.

L’Eglise d’Ouveillan fut alors unie au Chapitre Saint-Just. On y créa une communauté de chanoines. Les biens de l’Eglise carolingienne, déjà fournis, allaient augmenter, grâce à de nombreuses donations.

L’Eglise devint alors assez puissante pour se libérer. Elle détruisit le rempart et, sur l’emplacement de la chapelle carolingienne, elle construisit l’église Saint-Jean l’évangéliste. Nous sommes alors au début du 12ème siècle.

 

L’abbé SIGAL décrit l’Eglise :

 « l’édifice était composé d’un chevet à triple abside précédé d’une travée de chœur et d’une nef centrale accostée de nefs latérales ».

 

Le chevet est resté intact, seuls les ornements ont changé et sont venus surcharger un décor qui, à l’origine, devait être sobre.

L’abside centrale est un demi-cercle de 2,90m de rayon et les deux absides latérales, plus petites ne mesurent que 1,60m. Dans l’abside centrale, l’arrière de l’autel servait de sacristie.

Les travées de chœur étaient et sont toujours dissemblables.

 

La travée Nord est un carré presque parfait, la travée centrale est un trapèze rectangle et la travée Sud, un trapèze quelconque.

Cette différence vient du fait que l’axe du centre a subi une déviation de 0,86m vers le Sud. Aussi, la nef centrale et la nef latérale Sud ne sont pas dans l’axe des absides.

C’est une caractéristique que l’on retrouve souvent dans les églises romanes. Le bâtisseur peut donner ainsi plus de largeur à l’édifice. Il est possible aussi que des contraintes de construction aient obligé les maçons à modifier leurs plans.

Cette déviation, qu’on appelle « un repentir » a été conçue à l’origine : la porte monumentale, elle aussi d’origine, n’est pas dans l’axe de l’abside centrale, mais dans l’axe de la nef.

 

Les nefs étaient soutenues par six piliers composés et par trois pilastres sur chacun des murs latéraux.

La nef centrale mesurait 7,37m de large, et chacun des collatéraux 4m. En tenant compte de l’épaisseur des supports, la largeur de l’édifice devait être de 17,55m alors que celle du sanctuaire n’était que de 16,69m. Leur longueur était de 17,87m.

 

 

L’élévation.

 

-          Le chevet 

L’abside centrale élevait et élève toujours ses murs jusqu’à l’imposte, simple tablette située à 8m de hauteur. Au-dessus, sous les caissons du 18ème siècle, s’arrondit une voûte en cul-de-four de 2,90m de rayon. La hauteur totale est donc de 10,90m.

 

Les absides latérales sont plus basses, leur imposte n’est qu’à 5,50m et leur voûte en cul-de-four a un rayon de 1,60m. Leur hauteur totale est de 7,10m.

 

-          La travée de chœur 

 

La travée de chœur centrale était en berceau brisé, alors que les travées latérales étaient voûtées d’arêtes.

 

-          Les nefs 

 

La nef centrale, en berceau brisé, était élevée, sans galerie ni fenêtre, selon le style provençal. Les collatéraux, voûtés d’arêtes étaient plus bas. Dans le côté Ouest de la nef, contre la façade, au Nord de la porte monumentale, une niche a été découverte lors de récents travaux. Elle paraît être d’origine mais on ignore son utilité.

 

 

L’extérieur.

 

Malgré de nombreuses reprises, les absides ont gardé leurs caractères de l’époque romane.

 

Les parements sont de style lombard : des pilastres rectangulaires appliqués aux murs des absides élèvent une suite de larges arcatures qui forment des compartiments, quatre pour l’abside centrale, trois pour les absidioles.

 

« Un cordon régulier de lave noire borde les arcatures et encadre, à l’extérieur, tous les arcs qui datent de l’époque romane » nous dit l’abbé Sigal.

 

Les murs extérieurs, qui soutenaient la nef centrale, ne portaient aucune ouverture, alors que ceux des collatéraux étaient percés de baies qui n’étaient que des lucarnes. A l’origine, l’église devait être bien obscure. Le mur Nord de la nef latérale était percé sur l’ancien cimetière qui entourait la chapelle carolingienne.

 

Dans le mur Sud s’ouvrait une porte, richement décorée, qui par un escalier et un pont menait au cimetière récemment créé et aussi vers le presbytère.

 

 

La façade.

 

Son intérêt archéologique nous a été longtemps caché par un porche construit sous le sacerdoce de l’abbé NEGRE.

Son fronton s’élève à 8,50m de hauteur.

Deux pilastres supportent à 6 m de haut, une imposte sur laquelle repose un arc en plein cintre.

Le tympan est orné d’une fausse baie géminée dont la double arcature repose sur une colonne centrale de marbre. Des incrustations de lave décorent le porche comme l’extérieur de l’abside.

Une croix pattée, inscrite dans un cercle, occupe l’espace libre entre les deux tympans.

 

 

Le clocher.

 

Le clocher roman s’élevait sur la dernière travée Sud de l’église, mais rien ne subsiste de ce bâtiment d’origine.

Le recteur AMADOU dit : En 1565 « la flèche du clocher avait été abattue par la foudre. Le clocher menaçait ruine et avait besoin d’être refait à neuf, puisque la commune en fit mesurer la hauteur avant l’exécution de l’entreprise ».

 

 

 

Evolution de l’église St Jean.

 

L’aspect originel de l’église paroissiale allait être altéré en trois occasions :

 

-          D’abord au 14ème siècle, on construisit une chapelle supérieure, sur le flanc Sud, dans le prolongement de la travée de chœur : qui dit chapelle supérieure dit aussi pièce inférieure, celle-ci sert actuellement d’entrée à la sacristie. La chapelle supérieure a disparu.

 

-          Le Recteur AMADOU cite : toujours au 14ème siècle, en 1368, « se trouvant dans la nécessité de se mettre à l’abri des incursions de ses ennemis, la communauté prit la résolution de se faire une forteresse… ». Dès cette date, les villageois décidèrent de fortifier l’église.

Vers 1570, les murs trop bas et trop exposés des nefs latérales et du chœur avaient été remontés en forme de courtine avec une ou plusieurs échauguettes et les toitures des collatéraux servaient de chemin de ronde.

La chapelle supérieure pouvait, en temps de guerre, servir de corps de garde. Mais en 1597, la paix revenue, le curé Antoine BROL profita de réparations pour faire abattre ces fortifications qui enlaidissaient l’édifice.

 

 

 



10/08/2011
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